Université Laval
Prix de piano classique Gérard-Boivin

Règlements et formulaire d'inscription (2017)

S’adressant aux étudiants des trois cycles de la Faculté de musique de l’Université Laval, le prix de piano classique Gérard-Boivin, dont la création a eu lieu en 2011, fait l’objet d’un événement spécial, chaque année.

Grâce à un don de 50 000$ provenant de la succession de Madame Rolande Gauvin, ce prix permet de remettre annuellement, sous forme de bourses, un montant de 5 000$ à deux étudiants inscrits à un cours de piano classique.

Le premier prix de 4000$ et le deuxième prix de 1000$ sont attribués par voie de concours public. Ce concours qui se tient chaque année à la session d’automne, est ouvert à tous les pianistes inscrits à un cours de piano classique (1er, 2e ou 3e cycle). Les candidats doivent présenter 20 minutes de musique, incluant une pièce de virtuosité, devant  un jury présidé par le doyen de la Faculté de musique. Les auditions se déroulent à la salle Henri-Gagnon du pavillon Louis-Jacques-Casault où une plaque commémorative est installée afin de témoigner du don généreux de la famille Gauvin-Boivin.

Gérard Boivin

Né en 1921 à Jonquière Gérard Boivin est rapidement mis en contact avec la musique. Sa mère, excellente pianiste, trouve en son fils un public conquis qui ne se lasse jamais de l’entendre. Elle assiste avec joie à la naissante d’une passion qui nourrira l’enfant toute sa vie. On inscrit Gérard à des cours de piano qu’il suit avec enthousiasme.

Son amour pour la musique ne se dément pas. Adolescent, il le cultive par l’écoute de concerts retransmis par radio ondes courtes et présentés par NBC. Il y fera des « rencontres » qui le marqueront fortement, entre autres, avec le violoncelliste et chef d’orchestre Arturo Toscanini pour qui le NBC Symphony Orchestra a été fondé en 1937 et qui demeure au pupitre de l’ensemble pendant 17 ans. C’est une véritable école pour le jeune Gérard Boivin : il est en contact avec des œuvres de grands compositeurs présentées par des interprètes de haut calibre; il développe pour le maestro Toscanini une admiration peu commune. Le jeune mélomane fera également l’acquisition de disques, de plus en plus nombreux, qui finiront par former au fil du temps une collection impressionnante.

Les Boivin déménagent à Québec en 1940 et s’installent dans le quartier St-Sacrement où son père fait construire un immeuble pour y installer son commerce de vêtements ainsi que plusieurs logements. Gérard Boivin doit donc travailler dans l’entreprise familiale et renoncer à la vocation musicale. En 1945, il épouse Rolande Gauvin; le couple réside au dessus du commerce, chemin Sainte-Foy et, plus tard, Gérard rachète l’immeuble et le fonds de commerce de son père. À Québec, la maison St-Cyr et frères reçoit de nombreuses visites de ce passionné. On imagine que c’est dans ce commerce de musique de la rue St-Joseph qu’il se procure plusieurs des bijoux de sa collection, son premier catalogue de « longs jeux » produit par William Joseph Schwann (propriétaire d’un magasin de disques dans la ville de Cambridge aux États-Unis) ainsi que le magazine Fanfare, « le magazine sérieux des collectionneurs de disques ». Il commande des disques des États-Unis, recherche des enregistrements réalisés par des interprètes qu’il affectionne particulièrement, compare les versions. Il fait partie des collectionneurs que les magasins de disques contactent personnellement afin de leur offrir leurs trésors! Il écoute de façon assidue les concerts sur les ondes de Radio-Canada, des retransmissions du New York Philharmonic ou du Metropolitan Opera… Il suit avec passion les concours d’interprétation présentés à la radio, note ses impressions sur les jeunes interprètes et identifie les gagnants avant l’annonce des résultats. Il collectionne également des ouvrages de référence, revues musicales, il participe à des émissions de radio et on reconnaît dans ce mélomane autodidacte un grand connaisseur.

Il se joint également à un groupe dirigé par le docteur Guy Marcoux qui met sur pied en 1966 la Fondation Léo-Roy. Cette fondation a pour but de conserver les documents et manuscrits du compositeur québécois et de faire connaître son œuvre. Son cercle d’amis comprend d’autres collectionneurs et mélomanes avec qui il échangera tout au long de sa vie.

En 1988, ayant enfin pris une retraite bien méritée, monsieur Boivin liquide ses actifs à Québec et s’installe définitivement sur la rive sud où la famille passait déjà plus du tiers de l’année depuis 1956. Il vit au rythme de la nature et des marées. Il s’occupe activement de l’Association des Boivin d’Amérique et fait l’acquisition d’un piano à queue qui lui permettra à chaque jour de donner libre cours à sa passion. Pendant plus de vingt ans, deux fois par année, il effectuera en compagnie de son épouse des séjours d’un mois chez leur fille aînée à New York. Ces pèlerinages annuels seront pour lui autant d’occasions de ratisser la ville et d’explorer une multitude de magasins de disques à la recherche de trésors pour compléter sa collection. Amateur d’opéra, il sera abonné à la revue « Opera News » publiée par la Metropolitan Opera Guild. Il profitera au maximum de ses périples newyorkais pour assister à maintes reprises à des concerts au Carnegie Hall ou au Avery Fisher Hall ainsi qu’à de nombreux opéras au Met. Son admiration pour Toscanini demeure toujours aussi profonde et, lors d’un de ses déplacements à New York, il a la chance de visiter la maison qu’occupait le maestro à la fin de sa vie. On peut facilement imaginer l’émotion ressentie lors de la visite… Les retransmissions en direct et en haute définition des opéras du « Met » sont arrivées un peu tard dans la vie de ce passionné qui n’aura eu la chance d’assister à Québec qu’à une seule retransmission : La flûte enchantée le 30 décembre 2006.

C’est à une autre passionnée que le Prix Gérard-Boivin doit sa création : son épouse et compagne Rolande Gauvin. Pédagogue, passionnée d’histoire, amoureuse de littérature et de poésie, particulièrement de l’œuvre d’Émile Nelligan, Madame Gauvin fait deux legs importants : un premier à la Faculté de musique avec le prix de piano classique Gérard-Boivin et un deuxième à la Faculté des lettres par le biais du prix de poésie Rolande-Gauvin. C’est également le désir profond d’encourager l’émergence de nouveaux talents et de stimuler la passion qui a motivé la donatrice. L’amour pour la poésie de Rolande Gauvin et celle pour la musique de Gérard Boivin trouvent un point de rencontre dans l’œuvre du compositeur Léo Roy qui mit en musique plus de soixante poèmes d’Émile Nelligan.

Leurs filles, Denise et Monique, toutes deux diplômées de l’Université Laval, sont très fières que la mémoire de leurs parents soit ainsi perpétuée.

Sylvie Arseneault

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