Accueil
À propos du site
Liste des sujets
Pages essentielles
Bibliographie
Aide
Commentaires
{forme correcte} Forme correcte
{forme fautive} Forme fautive
{exemple} Exemple

Titres d'œuvres, d'ouvrages et de périodiques > Langue des titres et respect de l'orthographe d'origine

La page suivante fait valoir l'importance du respect de la langue d'origine des titres tout en indiquant les contextes dans lesquels une plus grande souplesse peut être appropriée. Elle traite aussi de précautions à prendre dans les citations de titres de périodiques.

Langue des titres

Textes savants

Il est souhaitable de respecter le plus souvent possible la langue d'origine, mais de traduire les titres formulés dans une langue utilisant un autre alphabet (p. ex. l'alphabet cyrillique), à moins que le contexte n'exige d'utiliser la forme d'origine. On traduit souvent les titres dans des langues dont l'usage est plus limité du point de vue géographique, comme celles de l'Europe centrale.

{exemple} Bedřich Smetana, La Moldau {plutôt que Vltava}
{exemple} Béla Bartók, Le château du duc Barbe-Bleue {plutôt que A Kékszakállú herceg vára}

De même, on sera porté à traduire des titres génériques qu'un mot tend à attirer dans le camp des titres évocateurs, comme Ein deutsches Requiem de Johannes Brahms, qui cédera le pas à Un requiem allemand.

Mention d'un titre suivi de sa traduction

On peut fournir la traduction d'un titre dans le corps du texte si la chose semble utile. Elle se place alors entre parenthèses, lesquelles sont en romain comme le texte; le romain est préférable de manière à éviter l'abus d'italique.

{forme correcte} On présentera la semaine prochaine l'opéra Der ferne Klang (Le son lointain) de Franz Schreker.
{forme fautive} On présentera la semaine prochaine l'opéra Der ferne Klang (Le son lointain) de Franz Schreker. {traduction en italique plutôt qu'en romain}
{forme fautive} On présentera la semaine prochaine l'opéra Der ferne Klang (Le son lointain) de Franz Schreker. {parenthèses en italique plutôt qu'en romain}

Dans une bibliographie, le titre doit toujours être dans la langue d'origine. On peut cependant fournir une traduction entre crochets et en romain à la suite du titre original. L'utilisation des crochets permet de montrer qu'il s'agit d'un ajout provenant d'une personne autre que l'auteur.

{exemple} Štědroň, Bohumír. Leoš Janáček v obrazech [Leoš Janáček en images]. Prague : Státni pedagogické nakl., 1958.

Textes destinés à un public non spécialisé

On peut se permettre de traduire les titres d'œuvres dans un contexte comme une conférence, un cours, une émission de radio ou de télévision. Même dans des cours à l'intention d'étudiants avancés, on peut utiliser une traduction pour éviter le pédantisme, quitte à faire appel à la langue d'origine lors d'une mention plus formelle. On doit évaluer la situation en fonction du public tout en essayant de conserver la langue d'origine.

Titres populaires

À moins que le contexte ne justifie le respect de la langue d'origine, on peut traduire les titres sous lesquels sont connues les grandes œuvres du répertoire traditionnel, comme les sonates pour piano de Beethoven.

{exemple} « Clair de lune » (et non {forme fautive} « Au clair de lune », « Au clair de la lune » ou « À la lune »)
{exemple} « Pastorale »
{exemple} « Tempête »
{exemple} « Les adieux »

On doit cependant conserver les titres qui se sont imposés dans la langue d'origine ou qui doivent être utilisés tels quels parce qu'il s'agit de noms.

{exemple} « Waldstein »
{exemple} « Appassionata »
{exemple} « Hammerklavier »

Précaution relative aux titres trouvés dans des publications en anglais

La prudence s'impose lorsqu'on utilise des titres à partir de sources secondaires ou d'éditions de partitions qui sont le plus souvent dans une langue autre que la langue d'origine, habituellement l'anglais. Si on ne veut pas reproduire le titre original, généralement parce qu'il est dans une langue que le lecteur est peu susceptible de connaître, on doit traduire dans la langue du texte.

{exemple} Robert Schumann, Kinderszenen ou Scènes d'enfants (et non {forme fautive} Scenes from Childhood)
{exemple} Edvard Grieg, Bryllupsdag på Troldhaugen ou Jour de noces à Troldhaugen (et non {forme fautive} Wedding Day at Troldhaugen)

Il faut cependant prendre garde de rejeter trop rapidement un titre dans une langue autre que celle du compositeur. On trouve des mélodies sur des textes en allemand chez Edvard Grieg (op. 2, 4, 48) et Nikolaï Medtner (op. 6, 12, 15, 18, 19, 19a, 46).

Dans le cas d'une langue qui n'utilise pas l'alphabet romain ou qui est peu connue des lecteurs, on utilisera une translittération suivie de la traduction française entre crochets et en romain.

{exemple} Sergueï Rachmaninov, Son [Un rêve], op. 38, no 4.

Respect de l'orthographe d'origine

Majuscules : À moins qu'un titre ne fasse partie d'un passage cité, on peut sans problème appliquer les règles d'utilisation des majuscules que l'on a choisies pour un texte donné, idéalement les règles modernes.

Rétablissement de l'orthographe et des signes diacritiques : Il faut s'assurer qu'un titre trouvé dans une source soit orthographié correctement en plus d'ajouter les signes diacritiques qui auraient été omis par négligence ou ignorance. On respectera la graphie du titre s'il fait partie d'un passage cité, mais on ajoutera [sic] pour attirer l'attention du lecteur sur l'erreur ou [recte] suivi de la forme correcte. La première forme convient lorsque tout lecteur est susceptible de voir l'erreur, et la deuxième lorsqu'il est préférable de lui fournir l'orthographe exacte.

{exemple} Claude Debussy, Berceuse heroique [sic]
{exemple} Franz Liszt, Études d'exécution transcendantale [recte transcendante]

Titres en ancien français : On peut moderniser les titres si le contexte (p. ex. catalogue thématique ou bibliographie) n'exige pas le respect de l'orthographe d'origine. On perd cependant le côté imagé de l'ancienne orthographe. Particulièrement dans un programme de concert, il faut éviter de multiplier les [sic] qui le dépareraient par des précisions du genre.

{exemple} François Couperin, La misterieuse (La mystérieuse); L'intîme (L'intime)

Formes particulières : Il est parfois tre préférable de conserver une forme fautive pour permettre une recherche bibliographique.

{exemple} Edna Bentz Woods, Valse phantastique

Particularités de traduction

Différence entre titre d'origine et traduction : Certains titres, tantôt pour des raisons d'euphonie, tantôt pour des raisons de décence ou de réception, possèdent une traduction qui diffère sensiblement du titre d'origine.

Titre d'origine (compositeur) Traduction française
Der fliegende Holländer (Wagner) Le vaisseau fantôme {angl. The Flying Dutchman}
Der Templer und die Jüdin (Marschner) La juive et le templier {Comme l'opéra est peu joué, il n'existe pas vraiment de traduction, mais l'inversion semble préférable.}
Der Tod und das Mädchen (Schubert) La jeune fille et la mort {Le français inverse les mots.}
Faust (Gounod) Margarethe {L'opéra de Gounod basé sur l'ouvrage de Goethe est parfois appelé du nom du personnage féminin en Allemagne, où l'on est inconfortable à l'idée d'utiliser le nom du héros du poème du grand écrivain.}
La traviata (Verdi) La dame aux camélias {plutôt que La fille dévoyée}

Ajout d'un article : Certains titres, le plus souvent en allemand, ne comportent pas d'article initial, lequel est requis en français.

Titre d'origine (compositeur) Traduction française
Götterdämmerung (Wagner) Le crépuscule des dieux
King Arthur (Purcell) Le roi Arthur
Messiah (Handel) Le Messie
Verklärte Nacht (Schoenberg) La nuit transfigurée
Winterreise (Schubert) Le voyage d'hiver

Titres de périodiques

Formes plus ou moins semblables de titres : Il faut respecter l'orthographe d'un titre de périodique étranger dont l'orthographe peut ressembler à son équivalent français.

{exemple}  Etude (périodique américain publié de 1896 à 1957)
{exemple}  Étude (périodique fictif de langue française)

Importance de l'article initial : On doit tenir compte de l'article initial puisqu'il peut s'agir d'un élément permettant de différencier un titre d'un autre très semblable, comme dans les titres allemands et autrichiens suivants. L'indication des années de publication est parfois essentielle pour distinguer les périodiques.

{exemple} Die Musik (1901-1914, 1922-1943); Musik : Ein Wiener Jahrbuch (1947); Musik (1967-1968); Musik (1971-1985)

Importance du sous-titre : Le sous-titre d'un périodique peut parfois fournir au lecteur des renseignements précieux sur le contenu de la publication ou son orientation esthétique.

{exemple} Musik-Echo : Zeitschrift für Melodie und Rhythmus (1930-1933)
{exemple} Orphée : Revue internationale de folklore musical (1953-1956)

Ville ou pays de publication ou organisme responsable : Lorsque le titre d'un périodique est le même dans plusieurs langues ou est utilisé par plusieurs publications, on doit fournir le sous-titre ou,à défaut, ajouter éciser entre parenthèses la ville ou le pays de publication. On peut aussi donner le nom de l'organisme responsable de la publication, particulièrement dans le cas de pays où toute l'activité est concentrée dans une seule ville (p. ex. Paris et Londres).

{exemple} Jazz (New York) {Titre utilisé par plus de 20 publications.}
{exemple} Courrier musical (Fédération des sociétés musicales de France) {Titre utilisé par six revues; on a aussi recensé sept autres titres commençant par Courrier musical et suivi d'un précision.}

Changements de titres : Dans le cas d'un périodique dont le titre a connu des variantes au cours de son histoire, on donne le titre sous la forme utilisée dans la livraison citée.

{exemple} Musikblätter des Anbruch (1919-1929) {{forme fautive} Musikblätter des Anbruchs; le titre de cette revue s'écrit sans s malgré la règle exigeant l'ajout de cette lettre à un mot décliné au génitif.}, Anbruch (1929-1937)
{exemple} Allgemeine deutsche Musik-Zeitung (1874-1881), Allgemeine Musik-Zeitung (1882-1924), Allgemeine Musikzeitung (1925-1937)

Accueil | À propos du site | Liste des sujets | Pages essentielles | Bibliographie
Aide | Modifications récentes et nouvelles | Commentaires | Au sujet de l'auteur

Prix pour la promotion d'une langue de qualité dans l'enseignement collégial et universitaire
Gala des Mérites du français 2003 de l'Office québécois de la langue française

Le GDRM décline toute responsabilité quant à la validité et à la pérennité des liens Internet fournis
ainsi qu’à l’exactitude et au caractère des données qu'ils renferment.

Date de dernière modification : 2018-11-02
© Marc-André Roberge 2018
Guide des difficultés de rédaction en musique (GDRM)
Faculté de musique, Université Laval, Québec