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{forme correcte} Forme correcte
{forme fautive} Forme fautive
{exemple} Exemple

Titres d'œuvres, d'ouvrages et de périodiques > Langue des titres et respect de l'orthographe d'origine

La page suivante fait valoir l'importance du respect de la langue d'origine des titres tout en indiquant les contextes dans lesquels une plus grande souplesse est de mise. Elle traite aussi de précautions à prendre dans les citations de titres de périodiques.

Langues des titres

Textes savants

Il est souhaitable de respecter le plus souvent possible la langue d'origine, mais de traduire les titres formulés dans une langue utilisant un autre alphabet (p. ex. l'alphabet cyrillique), à moins que le contexte n'exige d'utiliser la véritable forme d'origine. Il est généralement préférable de traduire dans le cas de langues dont l'usage est plus limité du point de vue géographique, comme celles de l'Europe centrale.

{exemple} Bedřich Smetana, La Moldau {plutôt que Vltava}
{exemple} Béla Bartók, Le château du duc Barbe-Bleue {plutôt que A Kékszakállú herceg vára}

De même, on sera porté à traduire des titres génériques qu'un mot tend à attirer dans le camp des titres évocateurs, comme Ein deutsches Requiem de Johannes Brahms, qui cédera le pas à Un requiem allemand ou au Requiem allemand.

Dans une bibliographie, le titre doit toujours être dans la langue d'origine, quitte à fournir une traduction entre crochets et en romain à la suite du titre original; l'utilisation des crochets permet de signifier qu'il s'agit d'un ajout provenant d'une personne autre que l'auteur.

{exemple} Antonín Dvořák, Z nového světa [Du Nouveau Monde]

Lorsqu'on utilise le titre d'une œuvre vocale en traduction, il faut s'assurer d'employer une traduction exacte et non une version adaptée aux valeurs rythmiques et à la position des mots importants dans l'original.

Textes destinés à un public non spécialisé

Il est approprié de traduire les titres d'œuvres dans un contexte comme une conférence, un cours, une émission de radio ou de télévision. Dans des cours à l'intention d'étudiants avancés, on peut utiliser une traduction pour éviter le pédantisme, quitte à faire appel à la langue d'origine lors d'une mention plus formelle. On doit évaluer la situation en fonction du degré de connaissances du public tout en essayant de conserver la langue d'origine.

Titres populaires

À moins que le contexte ne justifie le respect de la langue d'origine, on peut traduire les titres sous lesquels sont connues les grandes œuvres du répertoire traditionnel, comme les sonates pour piano de Beethoven.

{exemple} « Clair de lune » (et non {forme fautive} « Au clair de lune », « Au clair de la lune » ou « À la lune »)
{exemple} « Pastorale »
{exemple} « Tempête »
{exemple} « Les adieux »

On doit cependant conserver les titres qui se sont imposés dans la langue d'origine ou qui doivent être utilisés tels quels parce qu'il s'agit de noms.

{exemple} « Waldstein
{exemple} « Appassionata »
{exemple} « Hammerklavier »

Précautions

La prudence s'impose lorsqu'on utilise des titres à partir de sources secondaires ou d'éditions populaires de partitions qui sont le plus souvent dans une langue autre que l'original, le plus souvent l'anglais. Si on ne veut pas utiliser la langue d'origine, on doit traduire dans la langue de son texte.

{exemple} Robert Schumann, Kinderszenen ou Scènes d'enfants (et non {forme fautive} Scenes from Childhood)
{exemple} Edvard Grieg, Bryllupsdag på Troldhaugen ou Jour de noces à Troldhaugen (et non {forme fautive} Wedding Day at Troldhaugen)

Il faut cependant prendre garde de rejeter trop rapidement un titre dans une langue autre que celle du compositeur. On trouve des mélodies sur des textes en allemand dans l'œuvre d'Edvard Grieg (op. 2, 4, 48) et de Nicolas Medtner (op. 6, 12, 15, 18, 19, 19a, 46).

Dans le cas d'une langue qui n'utilise pas l'alphabet romain ou encore qui est peu connue des lecteurs, on utilisera une translittération suivie de la traduction française entre crochets et en romain.

{exemple} Sergueï Rachmaninov, Son [Un rêve], op. 38, no 4.

Respect de l'orthographe d'origine

Majuscules : À moins qu'un titre ne fasse partie d'un passage cité, on peut sans problème appliquer les règles d'utilisation des majuscules que l'on a choisies pour un texte donné.

Rétablissement des signes diacritiques et de l'orthographe : Il faut s'assurer qu'un titre trouvé dans une source soit orthographié correctement et ajouter les signes diacritiques qui auraient été omis, tant par négligence ou que par ignorance. On respectera la graphie du titre s'il fait partie d'un passage que l'on cite, mais on ajoutera la mention [sic] pour attirer l'attention du lecteur sur l'erreur ou encore la mention [recte] pour donner la forme correcte.

{exemple} Claude Debussy, Berceuse heroique [sic]
{exemple} Franz Liszt, Études d'exécution transcendantale [recte transcendante]

Titres en ancien français : On peut moderniser les titres si le contexte (p. ex. catalogue thématique ou bibliographie) n'exige pas le respect de l'orthographe d'origine.

{exemple} François Couperin, La misterieuse (La mystérieuse); L'intîme (L'intime)

Formes particulières : Il peut parfois être préférable de conserver une forme fautive pour permettre une recherche bibliographique.

{exemple} Edna Bentz Woods, Valse phantastique

Particularités de traduction

Différence entre titre d'origine et traduction : Certains titres, tantôt pour des raisons d'euphonie, tantôt pour des raisons de décence ou de réception, possèdent une traduction qui diffère sensiblement du titre d'origine.

Titre d'origine (compositeur) Traduction française
Der fliegende Holländer (Wagner) Le vaisseau fantôme {angl. The Flying Dutchman}
Der Templer und die Jüdin (Marschner) La juive et le templier {Comme l'opéra est peu joué, il n'existe pas vraiment de traduction, mais l'inversion semble préférable.}
Der Tod und das Mädchen (Schubert) La jeune fille et la mort
Faust (Gounod) Margarethe {L'opéra de Gounod basé sur l'ouvrage de Goethe est parfois appelé du nom du personnage féminin en Allemagne.}
La traviata (Verdi) La dame aux camélias {plutôt que La fille dévoyée}

Ajout d'un article : Certains titres, le plus souvent en allemand, ne comportent pas d'article initial, lequel est requis en français.

Titre d'origine Traduction française
Götterdämmerung (Wagner) Le crépuscule des dieux
King Arthur (Purcell) Le roi Arthur
Messiah (Handel) Le Messie
Verklärte Nacht (Schoenberg) La nuit transfigurée
Winterreise (Schubert) Le voyage d'hiver

Titres de périodiques

Formes plus ou moins semblables de titres : Il faut respecter l'orthographe d'un titre de périodique étranger dont l'orthographe peut ressembler à son équivalent français.

{exemple}  Etude (périodique américain publié de 1896 à 1957)
{exemple}  Étude (périodique fictif de langue française)

Importance de l'article initial : Il est aussi important de tenir compte de l'article initial puisqu'il peut s'agir d'un élément permettant de différencier un titre d'un autre très semblable, comme dans les titres allemands et autrichiens suivants (liste partielle).

{exemple}  Die Musik (1901-14, 1922-43); Musik : Ein Wiener Jahrbuch (1947); Musik (1967-68); Musik (1971-85)

Importance du sous-titre : Le sous-titre d'un périodique peut avoir fournir au lecteur des renseignements précieux sur le contenu de la publication.

{exemple}  Musik-Echo : Zeitschrift für Melodie und Rhythmus (1930-33)
{exemple}  Orphée : Revue internationale de folklore musical (1953-56)

Ville ou pays de publication ou organisme responsable : En l'absence d'un sous-titre, il est souhaitable de préciser entre parenthèses à la suite du titre la ville ou le pays de publication dans le cas de périodiques dont le titre est le même dans plusieurs langues ou qui peuvent avoir été utilisés par plusieurs organismes. On peut aussi préciser l'organisme responsable de la publication, particulièrement dans le cas de pays où toute l'activité est concentrée dans une seule ville (p. ex. Paris et Londres).

{exemple}  Jazz (New York) {Titre utilisé par plus de 20 publications.}
{exemple}  Courrier musical (Fédération des sociétés musicales de France) {Titre utilisé par six revues; on a aussi recensé sept autres titres commençant par Courrier musical et suivi d'un précision.}

Changements de titres : Dans le cas d'un périodique dont le titre a connu des variantes au cours de son histoire, on donne le titre sous la forme utilisée dans la livraison citée.

{exemple} Musikblätter des Anbruch (1919-29) {{forme fautive} Musikblätter des Anbruchs; le titre de cette revue s'écrit sans s malgré la règle exigeant l'ajout de cette lettre à un mot décliné au génitif.}, Anbruch (1929-37)
{exemple} Allgemeine deutsche Musik-Zeitung (1874-81), Allgemeine Musik-Zeitung (1882-1924), Allgemeine Musikzeitung (1925-37)

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Date de dernière modification : 2012-02-03
© Marc-André Roberge 2012
Guide des difficultés de rédaction en musique (GDRM)
Faculté de musique, Université Laval, Québec