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{forme correcte} Forme correcte
{forme fautive} Forme fautive
{exemple} Exemple

Citations, exemples musicaux, notes, bibliographies, tableaux, etc. > Notes en bas de page et en fin de chapitre ou d'ouvrage

La page suivante fournit plusieurs explications relatives à l'usage des notes en bas de page (footnotes) et des notes en fin de chapitre ou d'ouvrage (endnotes).

L'utilisation de notes pour identifier les sources utilisées est essentielle pour éviter toute accusation de plagiat, offense très grave qui, dans le monde universitaire, peut mener à une sanction allant jusqu'à l'exclusion, et, dans le monde de l'édition, à des poursuites en justice.

Le Petit Robert utilise notes en bas de page, bien que l'usage (d'après les résultats fournis par Google) semble favoriser notes de bas de page. La première semble préférable puisqu'elle forme un couple avec note en fin de chapitre ou note en fin d'ouvrage. On entend parfois note infrapaginale.

Pour les règles relatives au contenu des notes et des références bibliographiques et à la disposition de leurs éléments constitutifs, voir Citations, exemples musicaux, notes, bibliographies, tableaux, etc. > Présentation des notes et des bibliographies.

Pour diverses mises en garde relatives à la façon de rédiger les notes, voir Rédaction > Questions techniques.

Rôle des notes

Contexte des notes

Citations : Toute citation directe (reproduction textuelle) ou indirecte (paraphrase, ou transcription dans ses propres mots), quelle que soit sa longueur, doit faire l'objet d'une note. La présence d'une note permet de se mettre à l'abri des accusations de plagiat. De plus, si l'information fournie s'avère incorrecte, la faute en incombe principalement à l'auteur cité. On doit toutefois souligner que l'auteur qui reprend les propos devrait faire le nécessaire pour vérifier l'exactitude des propos avant de les utiliser.

Informations spécialisées : Toute information spécialisée que l'on est peu susceptible d'avoir trouvé soi-même parce qu'elle est de toute évidence le résultat d'une recherche doit donner lieu à une note. Il n'est cependant pas nécessaire de fournir la source de l'ouvrage où l'on a trouvé des faits connus de quiconque possède une bonne connaissance du domaine, p. ex. la surdité de Beethoven, l'année de la mort de Wagner. Il faut toutefois avoir fait assez de recherche pour déterminer qu'il s'agit d'un élément de notoriété publique (angl. common knowledge).

Mots ou expressions propres à un auteur : Il est souhaitable de donner la définition ou la source d'un mot ou d'une expression qui ne fait pas partie du vocabulaire commun et dont on peut arriver à identifier l'auteur. Un lecteur pourra aimer savoir dans quel ouvrage et dans quel contexte un auteur aura utilisé le mot ou l'expression en question.

Renvois : Il peut être superflu d'utiliser les notes pour des références à un nombre limité d'ouvrages bien identifiés, voire à un seul ouvrage, comme c'est le cas dans un compte rendu. On donne alors entre parenthèses le numéro de page s'il n'est question que d'un seul ouvrage, ou le nom de l'auteur ou le titre abrégé suivi, après une virgule, du ou des numéros de pages s'il y a risque de confusion. L'abréviation p. peut être utilisée ou omise en fonction du protocole de rédaction choisi; elle n'apporte cependant rien au lecteur.

{exemple} ... (238)
{exemple} ... (Dupont, 18-20)
{exemple} ... (Dupont, p. 18-20)

Mises en garde

Caractère complet du texte : On devrait toujours prendre la peine de lire les notes, même si le désagrément de devoir passer à une section séparée de notes en fin de chapitre ou d'ouvrage peut inciter à les négliger. Cependant, un texte bien conçu doit pouvoir être lu de façon compréhensible en faisant abstraction des notes.

Les notes, surtout si elles sont placées en fin de chapitre ou d'ouvrage, ne doivent pas contenir d'éléments essentiels à la compréhension du texte. On devrait pouvoir les lire sans avoir à se préoccuper du texte; si la chose est possible, c'est que l'auteur les a rédigées avec soin et clarté.

Lien entre texte et note : Il faut écrire dans le corps du texte tout ce qui y appartient vraiment et en aucune façon reléguer une partie d'une phrase ou d'une idée à une note. Ceci force le lecteur à interrompre la lecture du texte, puis à repérer la note en fin de chapitre ou d'ouvrage (le cas échéant), pour enfin revenir au passage qu'il vient de quitter. Une note doit être complète en elle-même, et non pas fournir la suite d'une phrase commencée dans le corps du texte.

{forme correcte} Liszt écrit en 1851 la version définitive de ses Études d'exécution transcendante et élimine les difficultés aberrantes de la version de 1837. Les douze études portent toutes des titres sauf deux.
{forme fautive} Liszt écrit en 1851 la version définitive de ses Études d'exécution transcendante1. Les douze études portent toutes des titres sauf deux.
[Note] Et élimine les difficultés aberrantes de la version de 1837.

On doit éviter de faire référence dans le texte à un élément présenté en note, car tout ce qui est essentiel à la compréhension du texte doit s'y trouver. Dans l'exemple suivant, parler de « cet avant-propos » n'a aucun sens puisqu'il n'a pas été question d'un avant-propos dans les phrases précédentes. Ici, le problème pourrait être résolu en évitant d'utiliser un déterminant démonstratif.

{forme correcte} L'auteur consacre un chapitre complet à la question1. [...] Dans l'avant-propos de l'ouvrage, il est d'ailleurs question de la genèse des drames musicaux de Wagner.
[Note] On trouve une explication au sujet de l'importance accordée à la chronologie des œuvres dans l'avant-propos de l'ouvrage.

{forme fautive} L'auteur consacre un chapitre complet à la question1. [...] Dans cet avant-propos, il est question de la genèse des drames musicaux de Wagner.
[Note] On trouve une explication au sujet de l'importance accordée à la chronologie des œuvres dans l'avant-propos de l'ouvrage.

Longueur des notes: Une note ne devrait pas servir à fournir une brève mention qui pourrait facilement trouver place dans le texte, et ce, à plus forte raison s'il n'y a aucune autre note. Une exception fréquente pour une note courte est le « En français dans le texte » que l'on retrouve dans des ouvrages traduits pour préciser qu'une expression en français apparaît ainsi dans la source.

{forme correcte} Liszt a étudié avec Carl Czerny, qui avait lui-même travaillé avec Beethoven.
{forme fautive} Liszt a étudié avec Carl Czerny1.
[Note] Élève de Beethoven.

Voisinage d'un renvoi et d'une présentation d'un ouvrage : ll faut éviter de faire un simple renvoi à un ouvrage (et ainsi devoir fournir la notice complète) lorsqu'on doit par la suite présenter l'auteur et son ouvrage dans le texte (et alors devoir se limiter à une référence de type « auteur, titre abrégé » puisque la notice complète a déjà été donnée). Le problème est souvent difficile à régler, car il peut impliquer des changements majeurs dans la structure du texte.

{forme fautive} [Texte] Il est vrai que « le caractère gai et enjoué de la musique [des Maîtres chanteurs de Wagner], la mimique suggestive des acteurs en rend la compréhension presque aussi aisée que s'il s'agissait d'une simple pantomime ». [...]
[Note 1] Albert Lavignac, Le voyage artistique à Bayreuth, 14e éd. (Paris : Librairie Delagrave, 1925), 149.].

[Texte] [...] Dans son Voyage artistique à Bayreuth, qui a longtemps été la bible des wagnériens français, Albert Lavignac propose plusieurs tableaux très détaillés...
[Note 2] Lavignac, Le voyage artistique à Bayreuth.]

Deux solutions s'offrent :

Absurdités : On évitera les notes (volontairement) absurdes de l'ouvrage de Peter Schickele, The Definitive Biography of P. D. Q. Bach (1807-1742)? (New York : Random House, 1976), 3, 9, qui se moque ainsi des abus de la rédaction savante :

Quiconque se retrouve dans le deuxième cas a sérieusement intérêt à remanier son texte.

Doubles appels de notes : La présence de deux appels de note consécutifs ({forme fautive} ...2, 3) dénote généralement un problème de structure que l'on peut éviter en regroupant toutes les informations à l'intérieur d'une même note. Ce type de référence se retrouve cependant dans certains publications scientifiques.

Alinéas : On devrait tout faire pour éviter un alinéa dans une note (autrement dit, une note se composant de plus d'un paragraphe), et corriger le problème de structure. Il s'agit de toute évidence d'une note trop longue.

Nombre excessif de notes : Idéalement, on réduira autant que possible le nombre de notes en donnant dans le texte ce qui ne justifie pas qu'on le quitte pour aller aux notes. Si le texte est rédigé de façon appropriée, on peut aussi fournir dans une seule note plusieurs références (séparées par un point-virgule) se rapportant à un même paragraphe dans la mesure où les choses sont claires. Cependant, les notes trop longues et qui occupent par exemple la moitié d'une page ou plus ont toujours avantage à être revues.

Nombre réduit de notes : Si un texte ne comprend que quelques notes, et à plus forte raison une seule, on aura avantage à reformuler de manière à les éviter complètement. Une ou deux notes isolées dans un texte montrent plus que l'on n'a pas su en fournir le contenu dans le texte qu'un souci poussé de documentation.

Relecture : Comme la qualité de la rédaction et de la présentation des notes est un reflet du soin apporté à l'ensemble, elles devraient toujours faire l'objet d'une étape séparée de la vérification d'un texte de manière à permettre les changements suivants :

Éléments de mise en page

Raccourcis clavier : Dans Microsoft Word, on peut créer une note au moyen des raccourcis clavier Alt+Ctrl+B (note en bas de page) et Alt+Ctrl+F (note en fin de document).

Avantages et désavantages reliés à la position des notes : Les notes devraient toujours être placées en bas de page (angl. footnotes) pour éviter les nombreux désavantages reliés aux notes en fin de chapitre ou d'ouvrage (angl. endnotes; la section contenant ces notes s'intitule cependant Notes, leur position étant alors évidente). De plus en plus d'éditeurs, croyant que les notes en bas de page feront fuir les lecteurs que pourrait rebuter un côté scientifique ou rigoureux, favorisent les notes en fin de chapitre ou d'ouvrage. Bien des lecteurs, et particulièrement les lecteurs d'ouvrages savants, apprécient pourtant les avantages de notes en bas de page et sont souvent irrités par les désavantages des notes en fin de chapitre ou d'ouvrage :

Lorsqu'un ouvrage utilise des notes en fin de volume, il est impératif d'utiliser des titres courants sur chaque page des notes pour indiquer p. ex. Notes des pages 10-14. Il est sinon très difficile de localiser la note, car il faut d'abord trouver dans le numéro du chapitre où elle se trouve en revenant plusieurs pages en arrière si aucun titre courant ne fournit l'information, puis déterminer où se trouvent les notes du chapitre en question. Malheureusement, bien des éditeurs, et même parmi les plus prestigieux, ne respectent pas cette exigence d'une publication bien conçue.

Certains éditeurs commencent à utiliser les deux systèmes à la fois : notes en fin de chapitre pour les références bibliographiques simples et notes en bas de page pour les notes explicatives.

Références bibliographiques ajoutées à la suite d'une explication : La référence fournissant la source d'une citation ou d'une explication se place après celle-ci. Elle est précédée d'un point ou d'un point-virgule et non entre parenthèses, à moins qu'il ne s'agisse d'une référence brève. Il est cependant préférable de se limiter à une seule technique pour l'ensemble d'un texte.

Le même exemple est présenté de quatre façons. La troisième n'est pas incorrecte, mais devrait être évitée puisqu'elle force à utiliser des crochets comme parenthèses à l'intérieur des parenthèses. Pour être strict, il faudrait en plus changer en crochets les parenthèses à l'intérieur du titre du chapitre, mais on se trouvait alors à transformer la typographie du titre. On peut omettre le nom de l'auteur étant donné que l'on sait clairement de qui il est question.

{exemple} 1. Sorabji écrivait d'ailleurs que peu de compositeurs avaient été l'objet d'une incompréhension et d'un dénigrement aussi obstinés qu'Alkan. Kaikhosru Shapurji Sorabji, « Charles Henri Victorin Morhange (Alkan) », dans Around Music (Londres : Unicorn Press, 1932; réimpr. New York : Hyperion Press, 1979), 213-219; 213.

{exemple} 1. Sorabji écrivait d'ailleurs que peu de compositeurs avaient été l'objet d'une incompréhension et d'un dénigrement aussi obstinés qu'Alkan; Kaikhosru Shapurji Sorabji, « Charles Henri Victorin Morhange (Alkan) », dans Around Music (Londres : Unicorn Press, 1932; réimpr. New York : Hyperion Press, 1979), 213-219; 213.

{exemple} 1. Sorabji écrivait d'ailleurs que peu de compositeurs avaient été l'objet d'une incompréhension et d'un dénigrement aussi obstinés qu'Alkan (Kaikhosru Shapurji Sorabji, « Charles Henri Victorin Morhange (Alkan) », dans Around Music [Londres : Unicorn Press, 1932; réimpr. New York : Hyperion Press, 1979], 213-219; 213).

{exemple} 1. Sorabji, « Charles Henri Victorin Morhange (Alkan) », dans Around Music [Londres : Unicorn Press, 1932; réimpr. New York : Hyperion Press, 1979], 213-219; 213, écrivait d'ailleurs que peu de compositeurs avaient été l'objet d'une incompréhension et d'un dénigrement aussi obstinés qu'Alkan.

Numérotation : On recommence la numérotation des notes (en chiffres arabes) à chaque chapitre, ce qui évite bien des problèmes techniques lorsqu'il faut ajouter ou retrancher des notes. Les symboles comme les astérisques simples, doubles et triples ne conviennent qu'à des ouvrages contenant un nombre très réduit de notes.

Fonte : Les notes se composent dans la même fonte que le texte, mais dans un corps plus petit (p. ex. 80% de celui utilisé pour le texte), ce qui permet de réduire l'espace (tant réel que psychologique) qu'elles occupent. Cette réduction du corps ne doit pas se faire aux dépens de la lisibilité.

Utilisation des majuscules : Le premier mot d'une note prend toujours la majuscule, même dans le cas des abréviations bibliographiques comme ibid.

{forme correcte} Voir le chapitre 6 pour un traitement plus détaillé.
{forme fautive} voir le chapitre 6 pour un traitement plus détaillé.

{forme correcte} Ibid., 6.
{forme fautive} ibid., 6.

Ponctuation finale : Une note doit toujours se terminer par un point. Il ne faut jamais ajouter de lignes blanches à la fin d'une note (marques de paragraphe). C'est le logiciel qui détermine, en fonction de ses réglages, le blanc à laisser sous chaque note.

Face, position et ponctuation de l'appel de note

Face : Un appel de note s'écrit toujours en romain, même s'il suit immédiatement un ou plusieurs mots en italique, comme un titre.

{forme correcte} Wagner venait de compléter son opéra Lohengrin1.
{forme fautive} Wagner venait de compléter son opéra Lohengrin1.

Position verticale de l'appel de note : Un appel de note s'écrit en exposant, collé au mot auquel la note se rapporte, et sans aucun ornement comme des parenthèses. (La tradition typographique française veut que l'on insère une espace fine entre le mot et l'appel de note, mais ce raffinement n'est pas possible avec les logiciels de traitement de texte courants.) Pour des raisons esthétiques, on évitera d'ajouter une note (p. ex. pour des remerciements) à un titre de chapitre ou de section.

{forme correcte} Sa dernière symphonie date de 19551.
{forme fautive} Sa dernière symphonie date de 1955(1).

Position de l'appel de note dans la phrase : La règle traditionnelle veut que l'appel de note soit placé immédiatement après le mot auquel se rapporte la note. En pratique, il vaut mieux trouver l'endroit qui permet un lien logique sans forcer le lecteur à aller à la note (qui peut être parfois longue et faire perdre le fil) avant même de savoir de quoi il est question. L'appel se place donc idéalement à la fin d'une proposition ou d'une phrase.

{forme correcte} Louise Dupont faisait d'ailleurs remarquer que le compositeur aimait beaucoup les modulations audacieuses1.
{forme fautive} Louise Dupont faisait d'ailleurs remarquer1 que le compositeur aimait beaucoup les modulations audacieuses.

L'appel de note doit cependant être placé directement après le mot si la phrase se poursuit en faisant référence à des éléments qui ne proviennent pas de la source citée ou qui justifient une autre note.

{exemple} Il avait préféré fondre les trois mouvements en un seul1, ce qui, il faut le dire, était la meilleure solution.
{exemple} Il écrivait régulièrement à son « très estimé et vénérable collègue »1 pour lui exposer ce nouveau projet qui allait « jeter tout un pavé dans la mare »2.

Il est souvent avantageux de reformuler la phrase de manière à déplacer l'appel de note à l'endroit idéal.

{forme correcte} Avant l'avènement du disque, le public pouvait découvrir les extraits importants des opéras de Wagner grâce aux nombreuses transcriptions pour piano, entre autres celles de Liszt 42.
{forme fautive} Avant l'avènement du disque, le public pouvait découvrir grâce aux nombreuses transcriptions pour piano, entre autres celles de Liszt42, les extraits importants des opéras de Wagner.

Position de l'appel de note par rapport à la ponctuation : La tradition française (comme la tradition allemande) veut que l'appel de note soit placé avant la ponctuation.

{exemple} exemple2.  exemple2...  exemple2?  « exemple2 »

Par contre, la tradition anglo-américaine place l'appel après toute ponctuation à l'exception du tiret ou de la parenthèse fermante.

{exemple} exemple.2  exemple...2  exemple?2  “exemple”2

On ne doit pas surponctuer en ajoutant un point après un guillemet déjà précédé d'un point.

{forme correcte} Il disait souvent : « Tout cela n'est qu'un bavardage inutile1. » Cependant, ...
{forme fautive} Il disait souvent : « Tout cela n'est qu'un bavardage inutile1. ». Cependant, ...

Bien qu'il soit difficile d'aller à l'encontre des traditions suggérées par des ouvrages de référence à grande diffusion et suivies par nombre d'éditeurs, on voudra bien lire les arguments suivants.

La tradition française, qui place l'appel de note avant la ponctuation, ne semble pas idéale, étant donné que c'est seulement après avoir terminé la lecture d'une phrase, donc après la ponctuation, qu'il est logique de passer à la note. Le problème se pose de façon assez aiguë dans le cas d'une note faisant référence à une expression entre guillemets; ici la lecture du mot est terminée après et non avant le guillemet.

{exemple} « exemple2 »

De plus, comme le point abréviatif doit rester collé au mot, il est nécessaire d'ajouter un point après l'appel de note, ce qui conduit à une situation qui ne brille pas par son élégance.

{exemple} etc.2.

Les trois exemples suivants illustrent les problèmes posés par la tradition française. Le premier comprend des guillemets, le deuxième pas. Le troisième, pour sa part, fait se voisiner chiffre en exposant et appel de note (aussi en exposant).

{exemple} Règle traditionnelle : « Notre langue étant trop précise et comme fermée aux courants souterrains de l'instinct, la musique seule pouvait, sésame de l'inexprimé, ouvrir les cœurs français1. » {Guy de Pourtalès, Wagner : Histoire d'un artiste (1932), 258}
Meilleure solution : « Notre langue étant trop précise et comme fermée aux courants souterrains de l'instinct, la musique seule pouvait, sésame de l'inexprimé, ouvrir les cœurs français.1 »
Solution idéale : « Notre langue étant trop précise et comme fermée aux courants souterrains de l'instinct, la musique seule pouvait, sésame de l'inexprimé, ouvrir les cœurs français. »1

{exemple} Règle traditionnelle : On retrouve cette technique à l'intérieur du motif marqué « a1 ». {On pourrait avoir l'impression qu'il s'agit du motif « a1 » et non du motif « a ».}
Meilleure solution : On retrouve cette technique à l'intérieur du motif marqué « a »1.
Solution idéale : On retrouve cette technique à l'intérieur du motif marqué « a ».1

{exemple} Règle traditionnelle : Le chanteur éprouve des difficultés lorsque la ligne dépasse le mi41. {L'appel de note fait en sorte qu'on lit mi41 plutôt que mi4.}
Meilleure solution : Le chanteur éprouve des difficultés lorsque la ligne dépasse le mi4.1
Solution idéale : Les passages dépassant le mi4 donnent des difficultés au chanteur1. {À défaut d'éliminer la note, la meilleure solution est de reformuler complètement pour déplacer le chiffre en exposant.}

Expressions fréquentes dans les notes

Références multiples à une même source : Lorsqu'il serait superflu de rédiger plusieurs notes relatives au même ouvrage, on peut écrire en note « Les autres références à cet article figurent entre parenthèses dans le texte » pour donner ensuite uniquement le numéro de page, précédé ou non de l'abréviation p., entre parenthèses. L'expression équivalente en anglais est « Subsequent page references to this article are given in the text ».

Mise en évidence : Comme le soulignement n'existe plus que pour les liens Internet (même si de nombreux sites procèdent autrement), on utilisera des expressions faisant référence à l'italique plutôt qu'au soulignement. Dans les textes en anglais on utilise les expressions my emphasis et italics added.

{forme correcte} italique ajouté, mis en italique par l'auteur, en italique dans l'original/le texte
{forme fautive} c'est moi qui souligne, souligné par moi/nous, souligné dans le texte, souligné par l'auteur(e) {il ne s'agit pas de faire référence au geste de souligner}
{forme fautive} je souligne, nous soulignons

Identification des traductions : Lorsqu'on est l'auteur de toutes les traductions des citations en langue étrangère, on peut en faire état dans l'avant-propos ou dans la première note relative à une telle traduction. Dans le cas contraire, on ajoute à la fin de la note, entre parenthèses, une expression appropriée. Dans les textes en anglais on utilise les expressions my translation, trans. [nom ou initiales] ou Translations are mine unless otherwise noted.

{exemple} (la traduction est de moi)
{exemple} (traduction de l'auteur/de l'auteure)

« Voir » (et variantes) et « cf. » : Les mots utilisés dans les textes savants pour renvoyer le lecteur à une source possèdent des nuances importantes.

Abréviations latines traditionnelles

Le tableau suivant fournit les explications relatives aux abréviations latines consacrées par l'usage dans les textes savants. Elles s'écrivent normalement en romain, même si plusieurs protocoles préfèrent encore l'italique. Seules les deux premières (ibid., idem) devraient être utilisées, les deux autres (op. cit., loc. cit.) étant totalement inappropriées si l'on vise la clarté, et ce, même si des auteurs et des éditeurs dans le monde francophone les favorisent encore.

On trouvera à la fin de la section « Présentation des références » une série d'entrées illustrant l'utilisation correcte des abréviations ibid. et idem et de la technique auteur, titre abrégé, page.

Latin Français
ibid. (ibidem) au même endroit {Sert à remplacer tout ce qui, dans la référence bibliographique qui précède immédiatement, s'applique encore. On n'utilise jamais de nom d'auteur et de titre avec cette abréviation.}
idem (masc.), eadem (fém.) la même personne {S'utilise à l'intérieur d'une même note pour éviter de répéter le nom de l'auteur s'il est le même que dans la référence qui précède immédiatement. C'est ibid. (ibidem) qui sert à remplacer tout ce qui, dans la référence qui précède immédiatement, s'applique encore.}
op. cit. (opere citato, opus citatum) dans l'ouvrage cité {L'abréviation op. cit. n'a plus sa place, même si de nombreux éditeurs en France et au Québec l'utilisent encore. Elle s'utilise pour faire référence à un ouvrage déjà cité dans une note autre que celle qui précède immédiatement. Elle doit être précédée d'un nom d'auteur et suivie d'un numéro de page. De plus, s'il y a plus d'un ouvrage du même auteur, le titre doit être fourni après le nom de son auteur.

Utiliser op. cit. pour un seul ouvrage d'un auteur force le lecteur à perdre du temps pour retourner souvent plusieurs pages en arrière (ou consulter la bibliographie, s'il y en a une, en espérant qu'elle soit disposée par ordre alphabétique d'auteur et non divisée en sections groupées par sujet) pour se rappeler du titre. Écrire auteur, abréviation, titre et page prend autant d'espace de auteur, titre abrégé et page, qui est la façon simple et claire de procéder. Si l'on donne le titre d'un ouvrage sans fournir d'adresse bibliographique, il a de toute évidence déjà été cité, et le préciser n'est d'aucune utilité pour le lecteur.

{forme correcte} [mais non recommandée] 5. Jim Samson, Music in Transition : A Study of Tonal Expansion and Atonality, 1900-1920 (New York : W. W. Norton, 1977), 50.
6. Joel Lester, Analytic Approaches to Twentieth-Century Music (New York et Londres : W. W. Norton, 1989), 70.
7. Samson, op. cit., 40.

{forme correcte} [idéalement] 5. Jim Samson, Music in Transition : A Study of Tonal Expansion and Atonality, 1900-1920 (New York : W. W. Norton, 1977), 50.
6. Joel Lester, Analytic Approaches to Twentieth-Century Music (New York et Londres : W. W. Norton, 1989), 70.
7. Samson, Music in Transition, 40.

La forme {forme fautive} Samson, Music in Transition, op. cit., 40, est incorrecte, puisqu'on dit en même que l'on fait référence à un ouvrage déjà cité et que l'on donne le titre.}
loc. cit. (loco citato) à l'endroit cité {L'abréviation loc. cit. n'a plus sa place, comme op. cit., malgré son utilisation par certains éditeurs. Elle doit toujours être précédée d'un nom d'auteur, et sert pour faire référence à la même page d'un ouvrage déjà cité. lle n'est donc jamais suivie d'un numéro de page. Elle force le lecteur à perdre du temps pour retrouver l'endroit où l'ouvrage a été cité, alors que la référence auteur, titre abrégé, page fournit toute l'information voulue. S'il faut faire référence à l'ouvrage cité dans la note précédente et à la même page, on utilise ibid.

{forme correcte} [mais non recommandée] 8. Jim Samson, Music in Transition, 80.
9. Joel Lester, Analytic Approaches to Twentieth-Century Music, 70.
10. Samson, loc. cit.

{forme correcte} [idéalement] 8. Jim Samson, Music in Transition, 80.
9. Joel Lester, Analytic Approaches to Twentieth-Century Music, 70.
10. Samson, Music in Transition, 80.

Présentation des références

Notice complète pour la première référence à un ouvrage : La première référence à un ouvrage donné se fait au moyen d'une notice complète en suivant le format approprié, qui sépare les parties de la notice par des virgules et place l'adresse bibliographique entre parenthèses.

Titre abrégé pour les références subséquentes : Toute référence à un ouvrage donné, autre que la première mention à l'intérieur d'un même chapitre, se compose des éléments suivants, séparés par des virgules :

{exemple} [Première mention] Amédée Boutarel, L'œuvre symphonique de Franz Liszt et l'esthétique moderne, avec un portrait de Franz Liszt et des exemples tiré́s de ses principaux ouvrages (Paris : Au Ménestrel, Librairie Fischbacher, 1886). {Dans la pratique, on retiendrait uniquement jusqu'à moderne, même lors de la première mention, à moins qu'il ne s'agisse d'un ouvrage bibliographique très détaillé où l'on reproduirait le contenu de la page de titre.}
{exemple} [Mention subséquente] Boutarel, L'œuvre symphonique de Franz Liszt, 12. {Dans la pratique, on utiliserait ibid. s'il s'agit de la note qui suit immédiatement la précédente.}

Une référence de ce type ne doit donc pas se faire au moyen de l'abréviation latine op. cit.

Formulation du titre abrégé : Le titre abrégé doit toujours former une unité claire et logique du point de vue grammatical. Dans le cas d'un titre déjà court, il se peut donc qu'il soit inutile de l'abréger.

{exemple} Amédée Boutarel, L'œuvre symphonique de Franz Liszt et l'esthétique moderne, avec un portrait de Franz Liszt et des exemples tiré́s de ses principaux ouvrages
{forme correcte} Boutarel, L'œuvre symphonique de Franz Liszt
{forme fautive} Boutarel, L'œuvre symphonique

{exemple} Douglas Jarman, The Music of Alban Berg
{forme correcte} Jarman, The Music of Alban Berg
{forme fautive} Jarman, The Music

Abréviation ibid. : Si, dans une note donnée, on fait référence au même ouvrage que dans la note précédente, on utilise l'abréviation ibid. Elle remplace tout ce qui, de la référence précédente, s'applique encore. Elle prend toujours une majuscule lorsqu'elle est placée en début de note.

{exemple} 1. Jim Samson, Music in Transition : A Study of Tonal Expansion and Atonality, 1900-1920 (New York : W. W. Norton, 1977), 105.
2. Ibid., 110.
3. Ibid. {même source, même page que dans la note précédente}
4. Ibid., 140.

Si une note explicative ou une référence à un autre ouvrage intervient, on utilise le nom de famille et le titre abrégé.

{exemple} 1. Jim Samson, Music in Transition : A Study of Tonal Expansion and Atonality, 1900-1920 (New York : W. W. Norton, 1977), 105.
2. Ibid., 110.
3. Joel Lester, Analytic Approaches to Twentieth-Century Music (New York et Londres : W. W. Norton, 1989), 89.
4. Ibid., 140.
5. Samson, Music in Transition, 150.
6. Ibid., 152.

Il vaut mieux utiliser la technique du titre abrégé jusqu'au moment de préparer la version finale et de simplifier au moyen de l'abréviation ibid. seulement à ce moment. On peut ainsi travailler avec un texte toujours clair et facilement déplacer des blocs de texte comportant des notes; autrement, certains ibid. pourraient se rapporter à des ouvrages autres que ceux auxquels on croit faire référence.

Référence à un ouvrage déjà cité dans un nouveau chapitre : Pour ne pas forcer le lecteur à retourner au chapitre précédent (voire revenir plusieurs chapitres en arrière pour trouver les détails relatifs à un ouvrage déjà cité), il vaut mieux fournir à nouveau la notice complète au début d'un nouveau chapitre. Cette technique permet sous les yeux toutes les références si l'on doit photocopier un chapitre. Cependant, si l'ouvrage fournit des références nombreuses à certains titres, il est préférable, voire essentiel, de donner au début une liste des ouvrages fréquemment cités avec un sigle ou une abréviation permettant de les identifier. On donne ensuite seulement une référence réduite à sa plus simple expression.

{exemple} 1. GS, 2: 120.

Exemples de notices : L'exemple suivant montre comment présenter plusieurs notes consécutives en utilisant la référence complète pour la première mention et la référence abrégée pour les mentions subséquentes ou encore l'abréviation ibid.

{exemple} 1. Amédée Boutarel, « Forme et idéal », dans L'œuvre symphonique de Franz Liszt et l'esthétique moderne (Paris : Au Ménestrel, Librairie Fischbacher, 1886), 1-7; 2. {référence à un chapitre complet et à une page à l'intérieur de ce chapitre}
2. Ibid., 3-4. {même source, pages différentes}
3. Ibid. {même source, mêmes pages}
4. Ibid., 52. {même source, nouvelle page}
5. Richard Wagner, « Rapport à sa Majesté le Roi Louis II, de Bavière, sur la fondation d'une École allemande de musique, à Munich », dans Œuvres en prose de Richard Wagner, traduit de l'allemand par J.-G. [Jacques-Gabriel] Prod'homme et L. Van Vassenhove (Paris : Librairie Ch. Delagrave, 1907), 9 : 1-77; 60. {référence à un chapitre complet et à une page à l'intérieur de ce chapitre tiré d'un volume parmi un ensemble}
6. Wagner, Ma vie, traduit de l'allemand par N. Valentin et A. Schenk, vol. 3, 1850-1864 (Paris : Librarie Plon, 1912), 115. {référence à une page précise d'un volume en particulier}
7. Ibid., 116. {même source, même volume, nouvelle page}
8. On trouvera plus de détails sur ce sujet au chapitre 24.
9. Wagner, Ma vie, 3 : 120. {Comme la note qui précède immédiatement la note en cours ne fait pas référence à la source citée ici, on ne peut utiliser l'abréviation ibid.; il faut donc fournir le nom de l'auteur et le titre abrégé avant la référence à la page.}
10. Wagner, « Rapport à sa Majesté le Roi Louis II », 45. {référence à un ouvrage déjà cité}
11. Ibid., 48. {même source, nouvelle page}
12. Boutarel, L'œuvre symphonique de Franz Liszt, 36. {référence à un ouvrage déjà cité}
13. Wagner, Ma vie, 3 : 207; idem, « Rapport à sa Majesté le Roi Louis II », 47. {référence à deux ouvrages déjà cités d'un même auteur; point-virgule entre les notices et utilisation de idem}

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Date de dernière modification : 2016-10-11
© Marc-André Roberge 2016
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Faculté de musique, Université Laval, Québec