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{forme correcte} Forme correcte
{forme fautive} Forme fautive
{exemple} Exemple

Titres d'œuvres, d'ouvrages et de périodiques > Catégories de titres d'œuvres et composantes

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La page suivante cherche à catégoriser les titres d'œuvres en fonction des éléments qui les composent. La liste ne prétend pas à l'exhaustivité. Des commentaires relatifs à la présentation typographique sont ajoutés au besoin.

Pour les règles relatives à l'utilisation des majuscules, voir Titres d'œuvres, d'ouvrages et de périodiques > Utilisation des majuscules, plus particulièrement la section « Règles modernes ».

Catégories de titres d'œuvres

Forme ou type de pièce + instrument : {exemple} Aaron Copland, Concerto pour piano (1926)

Forme ou type de pièce + instrument + numéro + tonalité : {exemple} Sergueï Prokofiev, Concerto pour violon et orchestre no 2 en sol mineur, op. 63 (1935) {Le nom de note s'écrit en italique puisque le titre est en italique.}

Forme ou type de pièce + numéro + tonalité + titre secondaire : {exemple} Wolfgang Amadeus Mozart, Symphonie no 41 en do majeur, K. 551, « Jupiter » (1788) {Le nom de note s'écrit en italique puisque le titre est en italique.}

Forme ou type de pièce + sur le nom de : {exemple} Alfredo Casella, Ricercare sul nome « Guido M. Gatti » (1942)

Forme ou type de pièce + précision : {exemple} Ferruccio Busoni, Prélude et étude en arpèges, BV 297 (1923)

Titres reliés par la conjonction « et » : {exemple} Anatoli Alexandrov, Élégie et valse, op. 89

Nombre + forme ou type de pièce + caractérisation (nombre écrit au long) : {exemple} Stephen Heller, Trente études progressives, op. 46 (1844)

Tempo + caractérisation : {exemple} William Sterndale Bennett, Allegro grazioso, op. 18 (1838)

Titre générique (indication d'instrument en romain) : {exemple} Johannes Brahms, Onze préludes de choral pour orgue, op. 122 (1896)

Titre générique + nom : {exemple} Ludwig van Beethoven, Ouverture Egmont, op. 84 (1809-10)

Hommage ou pastiche : {exemple} Claude Debussy, Hommage à Haydn (1909)

Mot ou groupe de mots évocateurs : {exemple} Kaikhosru Shapurji Sorabji, Un nido di scatole (1954)

Titres multiples des motets polytextuels (séparation des incipit par un tiret demi-cadratin ou cadratin, mais par par un trait d'union) : {exemple} Aucun vont – Amor qui cor – Kyrie

Proposition ou vers : {exemple} Claude Debussy, « Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir », no 4 du premier livre des Préludes (1910)

Titre à l'intérieur d'un titre (guillemets pour le titre à l'intérieur d'un titre) : {exemple} Claude Debussy, Prélude à « L'après-midi d'un faune » (1892-1894)

Composantes des titres d'œuvres génériques

La section suivante commente chacune des parties dont peuvent se composer les titres d'œuvres, principalement les titres génériques comme concerto, sonate et symphonie. Elle répond à de nombreuses questions relatives à la disposition, à la ponctuation, à l'utilisation des guillemets ou de l'italique, aux numéros d'opus et de catalogue thématique, etc.

Un titre d'œuvre générique se compose, dans l'ordre, des éléments suivants :

  • type d'œuvre ou forme
  • instrument
  • numéro d'ordre
  • tonalité
  • numéro d'opus
  • numéro de catalogue
  • titre secondaire
  • année(s) de composition
  • extrait joué

Type d'œuvre et instrument

Forme ou type d'œuvre : Un titre générique commence par l'indication de la forme ou du type d'œuvre (concerto, quatuor, quintette, symphonie, trio, etc.), toujours avec une majuscule.

{exemple} Le programme du concert de demain commencera par la Symphonie no 2 en ré majeur, op. 43 (1901-1902), de Jean Sibelius.

Précision : Il est préférable d'être précis et d'écrire quatuor à cordes plutôt que quatuor et, à plus forte raison, concerto pour violon que concerto.

{exemple} Felix Mendelssohn, Concerto pour violon et orchestre en mi mineur, op. 64 (1844)

Typographie : On laisse généralement en romain l'indication de l'instrument ou du groupe d'instruments pour lequel est écrit une œuvre possédant un titre évocateur ou descriptif, particulièrement si elle est détaillée, mais il est aussi possible de la composer en italique, surtout si elle fait partie du titre tel que formulé par le compositeur.

{exemple} Ferruccio Busoni, Élégies pour piano, BV 249 (1907-1908)
{exemple} Franz Liszt, Hymne de l'enfant à son réveil pour voix de femmes, harmonium ou piano et harpe ad libitum, S. 19 (v. 1845, révisé en 1862 et en 1874)

Utilisation de l'article (défini ou indéfini) : De manière à utiliser correctement l'article (défini ou indéfini), il faut déterminer si une œuvre est unique dans la production d'un compositeur ou si elle est possède un numéro d'ordre.

Forme correcte la Sonate en si mineur de Liszt
Forme fautive une Sonate de Liszt {Il n'existe pas chez Liszt de sonates portant chacune un numéro.}

Forme correcte le Concerto de Grieg
Forme fautive un Concerto de Grieg {Il n'existe pas chez Grieg de concertos portant chacun un numéro.}

Numéro d'ordre

Graphie : Le numéro que porte une œuvre telle que concerto, sonate ou symphonie à l'intérieur de la production d'un compositeur ne s'écrit pas en français comme en anglais ou en allemand. La forme anglaise, sans exposant et avec le point abréviatif, est souvent utilisée à tort en français.

{forme correcte} no 5, nos 5 et 6
{forme fautive} no., No. (angl.), nos. Nos.; Nr. (all.)

Il faut éviter d'utiliser le chiffre 0 au lieu de la lettre o en exposant.

{forme correcte} no
{forme fautive} n0

{exemple} Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour piano et orchestre no 26 en ré majeur, K. 537 (1788), « Couronnement »

Risques de confusion dans la numérotation : La prudence est de rigueur dans le cas d'œuvres portant un numéro à l'intérieur de la production d'un même genre ou un numéro à l'intérieur d'un opus. Une œuvre de Johannes Brahms illustre bien le problème.

{forme correcte} Concerto pour piano et orchestre no 2 en si bémol majeur, op. 83 (1878-1882)
{forme fautive} Concerto no 2 pour piano et orchestre en si bémol majeur, op. 83 (1878-1882) {ce qui suggérerait que le premier concerto pourrait être écrit pour un autre instrument}
{forme fautive} Concerto pour piano et orchestre en si bémol majeur, op. 83, no 2 (1878-1882) {ce qui voudrait dire que l'œuvre serait la deuxième d'un groupe portant le numéro d'opus 83}

Dans les faits, le problème se pose surtout dans le cas de certaines œuvres baroques.

{forme correcte} Arcangelo Corelli, Concerto grosso en ré majeur, op. 6, no 4 (1714)
{forme fautive} Arcangelo Corelli, Concerto grosso en ré majeur, no 4, op. 6 (1714)

{forme correcte} George Frideric Handel, Concerto grosso en sol mineur, op. 6, no 6, HWV 324 (1739)
{forme fautive} George Frideric Handel, Concerto grosso en sol mineur, no 6, op. 6, HWV 324 (1739)

{forme correcte} Frédéric Chopin, Nocturne en ré bémol majeur, op. 27, no 2 (1835)
{forme fautive} Frédéric Chopin, Nocturne no 2 en ré bémol majeur, op. 27 (1835) {Il ne s'agit pas du deuxième nocturne de Chopin, mais bien du deuxième nocturne d'un groupe de deux.}

Ordre des parties du titre : Les éléments formant un titre doivent être présentés dans un ordre qui respecte les faits et la logique. Il faut éviter de placer le nom du compositeur à l'intérieur d'un titre.

{forme correcte} On pourra entendre les Lieder sur des poèmes de Maeterlinck, op.  13, de Zemlinsky.
{forme fautive} On pourra entendre les Lieder de Zemlinsky sur des poèmes de Maeterlinck, op. 13.

Tonalité et mode

Tonalité : La tonalité dans laquelle est écrite une œuvre se compose toujours dans la même face que le titre. En d'autres mots, on ne distingue pas la tonalité du reste du titre en l'écrivant en italique dans un titre en romain ou en romain dans un titre en italique.

{forme correcte} Joseph Haydn, Quatuor à cordes no 38 en mi bémol majeur, op. 50, no 3, Hob. III : 36
{forme fautive} Joseph Haydn, Quatuor à cordes no 38 en mi bémol majeur, op. 50, no 3, Hob. III : 36
{forme fautive} Joseph Haydn, Quatuor à cordes no 38 en mi bémol majeur, op. 50, no 3, Hob. III : 36

On compose un nom de note dans l'autre face seulement lorsque la note est utilisée de façon autonymique.

{exemple} Le deuxième mouvement de l'œuvre est en mi majeur.

Tonalité d'origine : Il faut s'assurer que la tonalité dans laquelle une œuvre vocale est écrite soit bien la tonalité originale et non une transposition, ce qui est souvent le cas des éditions pratiques des œuvres des grands compositeurs romantiques comme Schubert, Schumann et Brahms, dont il existe des éditions pour voix aigües et graves.

Do et ut : Comme on solfie do et non ut, il n'existe aucune raison d'utiliser la forme ancienne ut pour désigner la première note de la gamme de do, nom beaucoup plus euphonique.

{forme correcte} Jouer une gamme de do dièse majeur.
{forme fautive} Jouer une gamme d'ut dièse majeur.

Mode : L'indication du mode (majeur ou mineur) s'écrit au long dans tous les cas. En d'autres mots, on ne sous-entend pas que l'absence d'indication correspond au majeur, sauf dans certains cas qui se sont imposés, comme la Symphonie en do de Georges Bizet, le Concerto en sol de Maurice Ravel et le Concerto en fa de George Gershwin.

{forme correcte} Johannes Brahms, Concerto pour piano et orchestre no 2 en si bémol majeur, op. 83 (1878-1882)
{forme fautive} Concerto pour piano et orchestre no 2 en si bémol, op. 83 (1878-1882)
{forme fautive} Concerto pour piano et orchestre no 2 en si bémol maj., op. 83 (1878-1882)

On évitera de mettre une majuscule initiale au nom d'une note ou de composer le nom entier en majuscules pour signifier une tonalité majeure.

{forme correcte} Symphonie en fa majeur
{forme fautive} Symphonie en Fa
{forme fautive} Symphonie en FA

Altérations : On écrit généralement au long les mots dièse et bémol contenus dans l'indication de tonalité plutôt que d'utiliser les symboles équivalents. Il est cependant préférable de réserver l'utilisation des symboles aux textes de nature analytique de même qu'aux listes et aux tableaux.

{forme correcte} Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour piano et orchestre no 9 en mi bémol majeur, K. 271
{forme fautive} Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour piano et orchestre no 9 en mi majeur, K. 271

Il ne faut jamais utiliser la lettre b (même en exposant) comme équivalent de bémol et le symbole # (carré, fagot; angl. pound sign) pour remplacer le dièse; il s'agit d'un indice évident d'amateurisme. La page Typographie > Codes numériques pour la saisie des signes typographiques et diacritiques et des symboles musicaux décrit les méthodes de saisie des altérations.

Il n'y a pas d'espace de part et d'autre du symbole, contrairement à ce que peut parfois suggérer l'affichage ou l'impression selon la police utilisée.

{forme correcte} Une étude en fa mineur
{forme fautive} Une étude en fa# mineur

{forme correcte} Une symphonie en si majeur
{forme fautive} Une symphonie en sib majeur
{forme fautive} Une symphonie en sib majeur

Numéro d'opus

Forme abrégée : Dans un titre, le mot opus s'écrit avec sa forme abrégée et avec une minuscule, soit op.

{exemple} Arnold Schoenberg, Trois pièces pour piano, op. 11 (1909)

Référence à une œuvre uniquement par son numéro d'opus : Le mot opus s'écrit au long et prend la minuscule lorsqu'on s'en sert pour parler d'une œuvre sans mentionner son titre ou pour l'utiliser pour désigner l'œuvre au complet.

{forme correcte} l'opus 22
{forme fautive} l'op.  22
{forme fautive} l'Opus 22

{exemple} Les quatuors de l'opus 20 de Haydn font appel à la technique de la fugue.
{exemple} Le compositeur a utilisé dans cet opus une nouvelle technique d'organisation des hauteurs.

On utilisera la forme abrégée pour parler de l'œuvre au moyen d'une référence simple, donc sans fournir le titre complet.

{exemple} Elle a joué la Sonate op. 110.

Espace : On laisse toujours une espace (idéalement insécable) entre l'abréviation op. et le numéro qui le suit (cette espace est souvent absente dans les sources britanniques; {forme fautive} op.23).

{exemple} Arnold Schoenberg, Verklärte Nacht, op. 4 (1898)

Ponctuation et numéro à l'intérieur d'un opus (numéro interne) : On met une virgule avant et après le numéro d'opus, de même qu'après le numéro à l'intérieur de cet opus, le tout formant une apposition au titre.

{forme correcte} La Sonate pour piano no 13, op. 27, no 2, de Beethoven se compose de trois mouvements.
{forme fautive} La Sonate pour piano no 13, op. 27 no 2, de Beethoven se compose de trois mouvements. {L'absence de virgule après le numéro d'opus est à la rigueur acceptable.}
{forme fautive} La Sonate pour piano no 13, op. 27, no 2 de Beethoven se compose de trois mouvements. {L'absence de virgule après le numéro est incorrecte.}

De plus, on ne met pas de virgule après le numéro d'opus lorsqu'il est suivi de l'année de composition placée entre parenthèses.

{exemple} Le Concerto pour piano no 3 en do mineur, op. 37 (1800), de Beethoven fournit un exemple de mouvement lent dans une tonalité située à distance de tierce.

On ne sépare pas le numéro d'opus et le numéro à l'intérieur de cet opus avec une barre oblique, sauf peut-être dans des listes ou des tableaux où cette graphie pourrait être avantageuse.

{forme fautive} op. 27/2

Utilisation d'une lettre ou des mots bis ou ter : Dans certains cas, habituellement d'arrangements, les numéros d'opus comportent une lettre (normalement a ou b) ou les mots bis ou, très rarement, ter. Ces suffixes s'écrivent toujours en minuscules et sont collés au numéro.

{exemple} Johannes Brahms, Variations sur un thème de Haydn, op. 56a/56b (1873) {La première version est pour orchestre, la deuxième pour deux pianos.}
{exemple} Max Reger, Variations et fugue sur un thème de Mozart, op. 132/132a (1914) {La première version est pour orchestre, la deuxième pour deux pianos.}
{exemple} Sergueï Prokofiev, Cinq mélodies pour violon et piano, op. 35bis (1925) {L'op. 35bis est un arrangement des Cinq mélodies, op. 35 (1920).}
{exemple} Sergueï Prokofiev, Scherzo et Marche, extr. de L'amour des trois oranges, op. 33ter (1922)

Numéro de catalogue thématique : On utilisera de préférence un numéro de catalogue thématique qui reflète l'ordre chronologique véritable à un numéro d'opus qui ne reflète pas cet ordre, comme c'est le cas chez Schubert et Busoni.

{forme correcte} Franz Schubert, Impromptu en do mineur, D. 899 (1827), et non {forme fautive} op. 90, no 1
{forme correcte} Ferruccio Busoni, Concerto pour piano, orchestre et chœur d'hommes, BV 247 (1904), et non {forme fautive} op. 39 ou XXXIX, numéro aussi porté par Des Sängers Fluch : Ballade für Alt mit Pianofortebegleitung, BV 98 (1878)

Absence de numéro d'opus : Si une œuvre ne possède pas de numéro d'opus, on n'écrit rien, même si les autres titres d'une même liste en possèdent un.

Graphies inhabituelles : Il est souvent souhaitable de standardiser le format des numéros d'opus présentés en fonction de normes différentes, comme cela se produit souvent sur des pages de titre.

{forme correcte} op.  27, no 2
{forme fautive} op.  27, no II
{forme fautive} op.  27/2
{forme fautive} op.  27, Nr. 2

Autres langues : En anglais et en allemand, les numéros d'opus et les numéros à l'intérieur d'un opus s'écrivent de manière légèrement différente.

{exemple} angl. op. 10, no. 5; op. 10, No. 5 {La première graphie est préférable; elle correspond à la recommandatino du Chicago Manual of Style, 16e éd. (2010), par. 8.191. La seconde est très fréquente mais conduit à un abus de majuscules dans un contexte où la chose n'apporte rien.}
{exemple} all. op. 10, Nr. 5 {Le mot latin prend une minuscule et le mot allemand une majuscule.}

Numéro de catalogue thématique

Ponctuation : Le numéro de catalogue est toujours séparé du sigle ou de l'abréviation qui précède par une virgule.

{exemple} Henry Purcell, Theodosius, or The Force of Love, Z. 606 (1680)

On omet la virgule lorsqu'on désigne une œuvre par son numéro de catalogue ou son numéro d'opus plutôt que par son titre complet.

{exemple} La Cantate BWV 147 se termine par le choral Jesus bleibet meine Freude.

Choix du catalogue : Dans quelques cas il existe plus d'un catalogue pour un même compositeur. Voir la page Titres d'œuvres, d'ouvrages et de périodiques > Catalogues thématiques pour une liste avec sigles.

Année de composition

Pour un traitement complet de la question de l'abréviation des années, conseillée par le GDRM, voir la page Typographie > Années, dates, nombres et pages.

Position de l'année : On place l'année de composition entre parenthèses après le numéro d'opus ou de catalogue.

{exemple} Franz Liszt, Festklänge, S. 101 (1853)

Dates complexes : On peut choisir entre l'année de fin de composition et l'intervalle de dates reflétant l'ensemble du processus créateur.

{exemple} Franz Liszt, Eine Symphonie zu Dantes « Divina commedia », S. 109 (1856)
{exemple} Franz Liszt, Eine Symphonie zu Dantes « Divina commedia », S. 109 (1855-1856)

Dans le cas d'une révision, la présentation peut être plus complexe.

{exemple} Franz Liszt, Tasso : lamento e trionfo, S. 96 (1849, rév. 1850-1811, 1854)

Année de publication ou de première représentation ou composition : Il arrive que des ouvrages donnent l'année de publication plutôt que celle de composition. On peut fournir les deux dates lorsqu'elles ne sont pas identiques.

{exemple} Robert Schumann, Lieder und Gesänge, op. 27 (1840)
{exemple} Robert Schumann, Lieder und Gesänge, op. 27 (publ. 1849)
{exemple} Robert Schumann, Lieder und Gesänge, op. 27 (1840, publ. 1849)

Dans le cas des opéras, plusieurs ouvrages utilisent l'année de la première représentation plutôt que celle de la composition. Il faut donc vérifier et utiliser l'expression créé en ... plutôt que simplement donner la date. Certains auteurs donnent uniquement la date d'achèvement plutôt que l'intervalle d'années.

{exemple} Franz Schreker, Der Schatzgräber (créé en 1920)
{exemple} Franz Schreker, Der Schatzgräber (1915-1918)
{exemple} Franz Schreker, Der Schatzgräber (1918)

Titre secondaire

Titres consacrés par l'usage : On peut se servir des titres populaires légitimés par des années d'utilisation, et ce, même s'ils ne proviennent pas du compositeur ou n'ont pas reçu sa sanction.

{exemple} « Les adieux » (Beethoven)
{exemple} « Air sur la corde de sol » (Bach)
{exemple} « Trio Archiduc » (Beethoven)
{exemple} « L'harmonieux forgeron » (Handel)
{exemple} « Lobgesang » (Mendelssohn)
{exemple} « Résurrection » (Mahler)

La première édition du New Grove Dictionary of Music and Musicians (art. « Nicknamed and titled compositions ») offre une liste dans laquelle les titres donnés ou approuvés par les compositeurs sont identifiés à l'aide d'un astérisque; l'article n'apparaît pas dans la deuxième édition.

Titres commerciaux : Il faut toujours faire preuve de prudence avec les titres inventés à des fins commerciales et non sanctionnés par le compositeur.

{exemple} « Rach 3 » (Rachmaninov, Concerto pour piano et orchestre no 3 en ré mineur, op. 30) {utilisé à l'excès à l'époque de la parution du film Shine (1996) de Scott Hicks basé sur la vie du pianiste David Helfgott}
{exemple} « Elvira Madigan » (Mozart, Concerto pour piano et orchestre no 21 en do majeur, K. 467) {d'après le film de Bo Widerberg (1967) dans la bande sonore duquel le pianiste Géza Anda jouait le mouvement lent}

Il faut se méfier des titres souvent sentimentaux donnés à une certaine époque à des œuvres de Chopin comme les Préludes (par Hans von Bülow) et les Études.

{exemple} « Tristesse » (op. 10, no 3), « Sur les touches noires » (op. 10, no 5), « Harpe éolienne » (op. 25, no 1), « Vent d'hiver » (op. 25, no 11)

Ponctuation : Les titres secondaires s'écrivent en romain et entre guillemets et sont séparés par une virgule du titre ou du numéro d'opus; l'année de composition est placée après l'ensemble. La virgule est de beaucoup préférable aux parenthèses, car elle permet d'éviter une rencontre inélégante avec les parenthèses qui entourent les dates de composition.

{forme correcte} Ludwig van Beethoven, Sonate pour piano no 8 en do mineur, op. 13, « Pathétique » (1797-1798)
{forme fautive} Ludwig van Beethoven, Sonate pour piano no 8 en do mineur, op. 13 (« Pathétique ») (1797-1798)

Extrait

Ponctuation entre les titre de l'œuvre et de l'extrait

On utilise le deux-points pour séparer l'œuvre du mouvement (qui s'abrège au besoin en mouv.) auquel on fait référence.

{exemple} Maurice Ravel, Miroirs (1904-1905) : « Une barque sur l'océan » (no 3)
{exemple} Anton Bruckner, Symphonie no 7 en mi majeur (1881-1883) : 2e mouvement (« Sehr feierlich und sehr langsam »)

C'est par contre la virgule qui servira si les deux éléments se retrouvent dans une phrase.

{exemple} C'est dans « Une barque sur l'océan », no 3 de Miroirs (1904-1905), qu'il a donné le meilleur de lui-même.
{exemple} L'interprétation du « Sehr feierlich und sehr langsam », 2e mouvement de la Symphonie no 7 en mi majeur (1881-1883), était particulièrement réussie.

Extrait de, tiré de : Deux possibilités s'offrent, particulièrement dans un programme de concert, pour dire qu'une pièce ou un mouvement provient d'une œuvre en plusieurs parties. La préposition anglaise from ne peut pas être simplement traduite en français par son équivalent de. On doit utiliser l'expression extrait(e) de ou son abréviation extr. de, ou bien tiré(e) de. Il n'est jamais clair si extrait est utilisé comme un substantif masculin ou comme un adjectif devant s'accorder avec le genre de la pièce en question.

{forme correcte} « Chaconne », extr. de la Partita pour violon no 2 en ré mineur, BWV 1004 {Présentation très correcte (utilisée ici et là dans le GDRM, mais qui oblige à s'assurer que la correction automatique ne mette une majuscule à la préposition qui suit puisqu'elle est précédée d'un point, ou ne suggère une correction qui ne serait pas appropriée. L'abréviation doit se lire extr., et non ext., qui correspond aux mots externe et extérieur.}

{forme fautive} « Chaconne », extrait de la Partita pour violon no 2 en ré mineur, BWV 1004 {Le substantif devrait être évité à cause de l'absence de correspondance de genre.}

{forme fautive} « Chaconne », extraite de la Partita pour violon no 2 en ré mineur, BWV 1004 {Le mot au complet semble trop long, surtout au féminin, et le serait encore plus s'il était question de plusieurs pièces et qu'il fallait utiliser le féminin pluriel extraites.}

{forme correcte} « Chaconne », tirée de la Partita pour violon no 2 en ré mineur, BWV 1004 {L'adjectif accordé avec le nom qui précède semble un excellent compromis, même au féminin pluriel.}

Respect de la terminologie : La terminologie utilisée par le compositeur pour diviser une œuvre en sections devrait être retenue.

Un opéra est habituellement divisé en actes et en scènes, mais peut aussi se composer autrement.

Utilisation des majuscules : Les règles relatives à l'utilisation des majuscules dans les titres anglais tombent lorsqu'il s'agit de citer les titres des airs d'opéras et d'oratorios, pour lesquels on utilise ordinairement l'incipit.

{exemple} Henry Purcell, Dido and Aeneas, Z. 626 (1689) : « When I am laid in earth » (acte 3, scène 2) {Si l'on veut inclure le récitatif qui précède, on le séparera du titre par un tiret cadratin : « Thy hand, Belinda — When I am laid in earth ».}

Mention de l'incipit : Lorsqu'on veut fournir l'équivalent français d'un extrait vocal, il peut être souhaitable d'ajouter entre crochets quelques mots permettant à la traduction d'avoir du sens. On doit cependant se demander si le raffinement convient au contexte.

{exemple} Le récital s'est terminé avec, en rappel, le célèbre air « Ombra mai fu » (Jamais l'ombre [d'une plante] ne fut [aussi chère]) de l'opéra Serse de George Frideric Handel.

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Date de dernière modification : 2018-11-02
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